Artiste peintre Marseillais, autodidacte, c’est dès sa plus tendre enfance que Gier est attiré irrésistiblement par les arts graphiques, les crayons, les couleurs et le trait.
Humain ou animal, c’est le corps qui l’inspire qu’il soit en mouvement ou figé. Dans ce qu’il a de charnel, d’érotique mais aussi parce qu’il est le palimpseste ou s’imprime l’histoire, grande ou misérable, de chaque individu. Il porte le jeune et le vieux, la folie et la sagesse, les coups durs et les bonheurs.
La nudité qui semble tout révéler est bien souvent très opaque et cache bien plus qu’elle ne dévoile. C’est ce constat qui excite les crayons et les pinceaux de l’artiste.
Son oeuvre a un incontestable aspect charnel. Le corps de ces jeunes femmes aux poses tour à tour sensuelles, lascives ou épicuriennes ne les transforment pas en objet, car elles sont les sujets consentants et actifs, voire revendicatifs de leur érotisme et de leur recherche de plaisir. Coquines, polissonnes, licencieuses elles nous invitent à de friponnes pensées, mais nous encouragent aussi à penser le corps comme un objet philosophique, sur lequel pèsent la recherche du plaisir, le regard de l’autre autant que le sien, les contraintes sociales et les vicissitudes de la chair.

Gier est un figuratif animé par l’amour du trait net et de la courbe précise. Mais, amoureux des mots, il n’est pas rare de trouver des écrits dans ses œuvres. Ses couleurs, ses matières, ses lumières et ses techniques sont variées, mais l’aquarelle tourmentée à effet de matière occupe une place importante dans son travail et constitue l’âme de sa peinture, quoiqu’il alterne volontiers techniques et couleurs. Sa technique à l’eau, unique en son genre, combine la transparence et la légèreté de l’aquarelle à la rudesse et la grossièreté des effets de matière permettant de mettre en scène la confrontation entre la douceur du corps et la dureté d’un monde extérieur à peine suggéré.
Voilà un peintre qui aime ne rien dire sur ses œuvres, ou le moins possible, considérant que tout commentaire agit comme un filtre qui tord les sens du regardeur, le conduit vers des terres qui ne sont pas les siennes, le formate et contribue à intellectualiser l'œuvre, chose qu’il redoute par dessus tout. Il a été exposé en galeries (Paris, Marseille, Berlin) et récompensé par le "prix de l'œuvre originale" au printemps 2011 lors du salon de la critique de Marseille dont le Président de jury était Georges Briata.